Dans l’ombre de Mark Carney et otage de l’aile Drainville. Que peut faire un gouvernement de transition ?
Pour la deuxième fois, une femme, Mme Christine Fréchette, devient première ministre du Québec. C’est une bonne nouvelle. La diversité de genre dans les postes de responsabilité est un progrès indéniable dont il me semble peu pertinent de débattre, sinon pour s’en féliciter, sans non plus idéaliser le pouvoir au féminin.
Des femmes gouvernent bien, d’autres non. Comme les hommes. Il reste que la manière dont on en discute accroît injustement le fardeau de la preuve sur les femmes qui accèdent à ces fonctions. Il y a tant d’autres éléments à considérer pour évaluer les perspectives d’un nouveau gouvernement.
En 2026, par exemple, peu importe qui mène à Québec, la vie politique se déroulera à court terme dans l’ombre de Mark Carney. Il est l’homme de la situation. Aux yeux de tant de Canadiens, et de Québécois, il est l’adulte dans la pièce. À tort ou à raison.
Il favorise les ralliements. Il épate des dirigeants étrangers, nommé parmi les personnalités les plus influentes au monde par le magazine Time, autant qu’il recrute des alliés dans les partis adverses. Il désarçonne son rival conservateur. Et il bat le Bloc québécois dans Terrebonne.
Sans parler du fait que la renégociation de l’accord de libre-échange avec les États-Unis et le Mexique, puis les élections de mi-mandat au congrès américain en novembre, jetteront dans la marge les péripéties du gouvernement subalterne du Québec.
Ses politiques deviennent le nouveau standard à imiter. Réduire des taxes voire les abolir pour faire semblant de soutenir les familles devant la hausse du coût de la vie. Oublier les cibles climatiques malgré les données scientifiques sur le réchauffement planétaire. Raviver l’intérêt pour le pétrole et le gaz. Voir comme un progrès pour l’humanité l’augmentation des dépenses militaires. Couper dans la fonction publique, après avoir augmenté la dette. Et le reste à l’avenant.
Dans le sillon de Mark Carney
Mme Fréchette s’inscrira elle aussi dans ce sillon. Elle voudra profiter des largesses fédérales pour créer ou protéger des emplois dans l’industrie québécoise de l’armement ou de l’équipement naval. Elle évoque la réouverture du débat sur les gaz de schiste. Sera sans doute intéressée par des projets de gaz liquéfié sur la Côte-Nord ou ailleurs. Idem dans l’industrie minière pour les minéraux critiques. Ah oui. Elle abolira la taxe de vente sur certains produits courants.
Bref, elle fera, comme n’importe qui à sa place, un peu de judo avec la conjoncture pour en récolter des bénéfices pour les citoyens tout en tirant la couverture sur elle-même en faisant croire que c’est son action qui améliore le sort de ses commettants. Elle profitera aussi de l’effet Carney sur ses adversaires. Le PQ en particulier. Et elle compte sur l’appui du premier ministre canadien pour la ratification de l’accord obtenu par François Legault avec Terre-Neuve-et-Labrador au sujet du projet hydroélectrique de Churchill Falls.
Le parallèle avec Kim Campbell
Plusieurs ont établi un parallèle, à mon avis malheureux, entre notre nouvelle première ministre et Kim Campbell, seule femme à occuper brièvement la même fonction au gouvernement fédéral. C’était en 1993, au siècle dernier.
La comparaison est établie à partir du genre des deux femmes. Mais pour comprendre le sort de l’une et celui qui attend l’autre, d’autres éléments doivent être pris en compte dans l’analyse.
Mme Campbell prit la tête du Parti progressiste conservateur après la démission de Brian Mulroney et au terme de deux mandats majoritaires à la fois riches et controversés. De l’établissement d’un traité de libre-échange avec les États-Unis, en passant par la création de la TPS, la participation du Canada aux efforts pour en finir avec l’Apartheid et la libération de Nelson Mandela et, bien sûr, cette tentative de réconciliation avec le Québec dans l’honneur et l’enthousiasme, qui, cependant, se solda par un échec cuisant.
Elle devenait dépositaire d’un héritage important mais aussi, critiqué. Elle prit ses fonctions dans un contexte de rupture. La famille conservatrice s’était déchirée. Sur la droite, pour donner lieu à la naissance du Reform Party, dirigé par Preston Manning. Et après l’échec des négociations constitutionnelles sur le Québec, pour donner naissance au Bloc québécois, dirigé par Lucien Bouchard.
Qu’elle soit une femme ne changeait rien à l’affaire. Son parti ne récolta que deux sièges à la Chambre des communes. D’aucuns croient que c’est parce que ses chances de l’emporter étaient nulles qu’on concéda à une femme le privilège de gouverner. Quoi qu’on en dise, le simple fait de formuler cette hypothèse me paraît insultant. Ça l’est encore davantage 33 ans plus tard.
Prendre les rênes d’un parti en déclin
La situation de Mme Fréchette est différente même si l’on peut établir quelques parallèles. Elle prend les rênes d’un parti qui a perdu la confiance des électeurs, malgré une gouverne riche en initiatives sur tous les plans.
Elle succède à un leader fort, après deux mandats majoritaires. La base électorale de la CAQ semble s’être éparpillée. Des déçus de la troisième voie retournent au PQ de PSPP, d’autres, pour des raisons différentes, se réfugient chez les conservateurs d’Éric Duhaime. Des tannés du débat identitaire mais contre la tenue d’un référendum chercheront un apaisement au Parti libéral de Charles Milliard.
Qu’elle soit une femme ne change rien à l’affaire.
L’otage de l’aile Drainville
Après l’appel à l’unité lancé par François Legault, Mme Fréchette est aussi aux prises avec un boulet que je n’avais pas anticipé.
Je croyais qu’elle aurait pris acte de la perte inéluctable de l’appui des anciens adéquistes de la grande région de Québec et de Chaudière-Appalaches en faveur du Parti conservateur. Mais la voilà qui, pour se réconcilier avec les partisans du candidat défait de la course à la chefferie, se remet à les courtiser sans se rendre compte que l’amour n’est pas au rendez-vous. Au contraire, des camarades de Bernard Drainville la placent « sous surveillance ».
À son premier discours après avoir été assermentée, Mme Fréchette s’est attaché les mains pour éviter la rupture. Rupture que d’aucuns se sont mis à espérer. Comme si cela était possible.
Plaire aux nationalistes identitaires
Pour plaire aux nationalistes du type repli sur soi et « Au Québec, c’est comme ça qu’on vit », elle a juré sur la tête de ses anciens enseignants d’école secondaire qu’elle va « défendre la laïcité jusqu’au bout » et qu’elle ne va « reculer devant rien » pour défendre ce qu’elle appelle les valeurs québécoises. Valeurs québécoises comme dans charte des valeurs péquiste, dont le responsable au sein du gouvernement Marois était nul autre que… Bernard Drainville.
Le même jour, l’on apprenait que le Conseil scolaire de Montréal avait envoyé des avis à 734 éducatrices et aides de classe, personnel de soutien et autres employés pour les enjoindre de retirer leur foulard sous peine de congédiement.
Elle semble déterminée aussi à lancer un appel d’offres d’ici aux élections pour un ixième projet de troisième lien autoroutier entre Québec et Lévis. Elle ravive l’idée saugrenue de l’exploitation des gaz de schiste.
Elle n’a pas encore tué dans l’œuf le projet honni de constitution de Simon Jolin-Barrette qui semble conserver un pouvoir d’influence démesuré sur le parti qu’il a refusé de diriger. Elle souhaite que ce projet soit appuyé par au moins un autre parti pour le faire adopter. Et voilà que c’est le Parti conservateur qui se porte candidat pour avaliser un document illégitime qui suinte le paternalisme et une approche autoritaire de la nation.
Mme Fréchette semble avoir du mal à s’émanciper et à s’affirmer pour elle-même. Cela va lui coûter de plus en plus cher.
Des élections printanières ?
J’ai déjà exprimé le souhait que Mme Fréchette déclenche des élections anticipées. J’estime que la démocratie en sortirait gagnante. Un scrutin printanier forcerait tous les partis à clarifier leurs positions et à dévoiler leurs équipes. Nous pourrions collectivement faire des choix. Même si ceux-ci pourraient n’être que transitoires. L’hypothèse d’un gouvernement minoritaire est de plus en plus crédible.
La CAQ aurait selon moi plus de chances de sauver les meubles et de conserver quelques sièges avec un scrutin hâtif, l’accession de la députée de Sanguinet à la chefferie caquiste ayant déjà montré une légère mais réelle amélioration de la perception des électeurs à l’égard de ce parti. Elle profiterait de la chute de popularité du PQ (dans un sondage, ce qui compte c’est la tendance), tout en évitant de donner aux libéraux plus de temps pour confirmer leur lente remontée chez les francophones.
Le discours nationaliste-identitaire qu’elle a prononcé à son assermentation pour charmer l’aile moribonde de la CAQ risque d’ailleurs d’aider Charles Milliard, s’il finit un jour par sortir de l’anonymat dans lequel il semble se réfugier, et faire monter l’intérêt pour un parti qui proposera une trêve sur ce front.
Comme en 2014 pour le PQ
Comme en 2014. Quand Pauline Marois, à la tête d’un gouvernement minoritaire, se lança en élections avec, sous le bras, son projet de charte des valeurs.
Les péquistes continuent de croire dur comme fer que ce projet, laïciste à outrance, n’a rien à voir avec leur défaite. Ils l’attribuent plutôt au poing en l’air du candidat Pierre-Karl Péladeau, qui remettait en lumière le fait que le PQ prône l’indépendance du Québec, ce que tous les Québécois savaient déjà. Ils brandissaient des sondages pour prouver que les électeurs appuyaient la laïcité.
Les données analysées par des experts ont cependant démontré que le fait marquant du scrutin fut la mobilisation des électeurs libéraux, en désaccord avec cette charte qui menaçait l’ouverture au pluralisme dont le Québec a historiquement fait preuve. Bref, la charte des valeurs a fait sortir le vote libéral, sans avoir d’effet mobilisateur sur l’électorat péquiste.
Aujourd’hui, les libéraux sont en première position dans les sondages malgré la discrétion de leur nouveau chef. Déjà, on devine que leurs partisans ne veulent pas du PQ souverainiste. En attendant la décision de la Cour suprême sur la Loi 21, ils risquent de vouloir s’assurer que le prochain gouvernement ne sera pas caquiste non plus.
La 19e première ministre désignée en cours de mandat
Que Mme Fréchette devienne première ministre à la suite d’un changement à la tête du parti au pouvoir, en cours de mandat plutôt qu’au lendemain d’une victoire électorale, n’est pas inusité. Sur les 32 premiers ministres qui l’ont précédée depuis 1867, 18 ont pris la tête du gouvernement dans de telles circonstances. C’est la majorité. Plusieurs ne le sont pas demeuré longtemps, toutefois. D’autres ont connu de meilleures fortunes.
Depuis 1960, six premiers ministres, Mme Fréchette est la septième, ont été désignés de cette manière : Paul Sauvé (1959), Antonio Barrette (1960), Jean-Jacques Bertrand (1968), Pierre Marc Johnson (1985), Daniel Johnson fils (1994), Lucien Bouchard (1996) et Bernard Landry (2001).
L’exemple d’Adélard Godbout
Le sort d’Adélard Godbout, devenu premier ministre en 1936 succédant à Louis-Alexandre Taschereau, est intéressant et pourrait donner à Mme Fréchette l’envie de persévérer même si elle perd les prochaines élections.
Godbout gouverna à peine trois mois, de juin à août, le temps d’organiser les élections gagnées par l’Union nationale de Maurice Duplessis, mais pour revenir aux affaires trois ans plus tard pour un mandat prolifique de presque cinq années, en pleine guerre, de 1939 à 1944. Godbout a eu le temps, dans l’opposition, de se démarquer de son prédécesseur, le régime Taschereau s’était terminé dans la débâcle.
C’est pendant ce second mandat, gagné à la faveur du vote populaire et non comme l’héritage de son chef précédent, que Godbout créa Hydro-Québec, qu’il accorda (enfin!) le droit de vote aux femmes et qu’il établit l’instruction obligatoire jusqu’à 16 ans. Il s’opposa à la conscription mais soutint l’effort de guerre.
Ensuite, Duplessis reprit les rênes de la province pour 16 longues années.
La révolution des cent jours
Paul Sauvé pris le relais de Maurice Duplessis à son décès, c’était la fin d’une époque. Lui-même est mort d’une crise cardiaque après seulement 114 jours au pouvoir.
Durant cette courte période, que d’aucuns avaient surnommée « la révolution des cent jours », il a bien tenté de se démarquer de la Grande Noirceur présidée par son prédécesseur, en faisant adopter, à l’automne 1959, une soixantaine de projets de loi, accordant des subventions aux universités, ouvrant la porte à l’assurance-hospitalisation et amorçant un virage vers une certaine décentralisation et la mise en place d’une fonction publique professionnelle. Lui, il était dans la rupture.
Antonio Barrette lui succéda pour se faire battre aux élections de juin 1960, six mois plus tard, tiraillé entre les factions au sein de l’Union nationale. Il fut battu par le libéral Jean Lesage et son équipe du tonnerre. La Révolution tranquille pouvait commencer.
Jean-Jacques Bertrand prit la relève de Daniel Johnson père, en 1968, au décès de ce dernier, à mi-mandat. En gros, il présida au déclin de l’Union nationale. Son mandat fut marqué par la crise de Saint-Léonard et l’adoption du projet de loi 63 qui édictait le libre choix de la langue d’enseignement pour les parents d’élèves, ce qui provoqua des émeutes monstres parmi les francophones qui voyaient là, avec raison, une menace à la langue française. Le Parti québécois venait de naître et Robert Bourassa amorçait son ascension vers le pouvoir qu’il acquit en 1970. Bertrand demeura chef de l’opposition jusqu’en 1971.
Lucien Bouchard, réélu aux élections suivantes
Un seul fut élu aux élections subséquentes, parmi les six qui, depuis 1960 ont acquis le pouvoir en succédant à leur ancien chef en cours de mandat. C’est Lucien Bouchard.
Devenu premier ministre en 1996, dans la foulée de la défaite référendaire, il succédait à Jacques Parizeau à la tête du Parti québécois, démissionnaire, à peine 15 mois après les élections précédentes. Il gouverna presque trois ans jusqu’aux élections de 1998 qu’il remporta, même si le PQ a récolté moins de suffrages à l’échelle provinciale que son adversaire libéral, et son nouveau chef Jean Charest.
Ce premier mandat m’était apparu comme le temps d’une paix. L’occasion, à travers entre autres la tenue de deux sommets socio-économiques qui lui ont servi à asseoir sa légitimité en amenant la société civile à faire consensus sur de grandes priorités. Les sommets ont certes accouché de la Loi sur l’équilibre budgétaire (le déficit zéro) mais aussi sur la création des CPE, celle du Chantier de l’économie sociale, la réduction de la semaine normale de travail, l’institution du congé parental et de l’union civile. Un mandat prolifique. Qui fut renouvelé non sans peine. Il quitta la politique en 2001.
Bernard Landry prit la relève. Un mandat laborieux bien que marqué par quelques réalisations dont la Paix des braves avec les Cris de la Baie James, l’amorce de négociations avec les Innus de la Côte-Nord et du Saguenay, le début d’un virage éolien, les fusions municipales, l’adoption de loi anti-pauvreté. Il fut battu en 2003 par les libéraux de Jean Charest. Il a eu deux ans pour faire ses preuves. Mme Fréchette n’a pas six mois.
Lorsque l’on a un peu de temps devant soi, comme ce fut le cas pour Bouchard et Landry, la prise en charge d’un gouvernement déjà engagé peut donner des résultats tangibles. C’est moins vrai quand le temps nous est compté.
Les frères Johnson, mandats brefs et sans éclat
En 1985, Pierre Marc Johnson a décidé de déclencher des élections dans les jours qui ont suivi sa nomination. Son règne dura à peine 70 jours. Il voulait obtenir l’assentiment des électeurs pour légitimer le virage vers l’affirmation nationale qu’il avait imposé au Parti québécois. Il prenait la succession du fondateur du parti, René Lévesque, déjà une légende même si la fin de son règne fut pénible.
La carrière de PM Johnson se poursuivit après la défaite subie aux mains de Robert Bourassa, qui était revenu à la tête du Parti libéral après neuf ans d’absence. Il demeura chef de l’Opposition jusqu’en 1987, victime d’un putsch visant à le remplacer par Jacques Parizeau. Comme quoi il faut toujours se méfier du chat qui dort au sein de son propre parti, lorsque l’on veut lui faire prendre un virage.
Son frère, Daniel Johnson fils, connut un destin semblable. Prenant la succession de Robert Bourassa, Johnson, un cérébral comme Fréchette, qui lui aussi avait la mauvaise habitude de ponctuer ses discours avec l’expression « faire en sorte que… », bref un mauvais orateur, gouverna pendant huit mois et 15 jours avant d’être battu par le PQ de Parizeau, avec le soutien de Lucien Bouchard, le 26 septembre 1994.
Il eut le temps de déposer un budget, de mettre en évidence son goût pour les privatisations et la réduction du rôle de l’État. L’Action démocratique du Québec naît durant cette période, issue d’une frange déçue du Parti libéral. Jean Chrétien venait de prendre le pouvoir à Ottawa. L’ALENA fut mis en œuvre. L’agenda lui échappait, lui « Canadien first and foremost », tandis que les Québécois voulaient, après avoir donné au Bloc québécois l’Opposition officielle à Ottawa, réparer l’affront du rejet de l’Accord du lac Meech.
Sa carrière à lui aussi ne s’arrêta pas avec la défaite. Son rôle de chef de l’Opposition lui conférait de facto celui de président du camp du Non dans le référendum qui allait suivre en 1995.
Il est vrai qu’il fut rapidement éclipsé dans cette fonction par Jean Charest, l’un des deux seuls rescapés des conservateurs à la Chambre des communes, figure marquante et orateur habile du camp fédéraliste, et par Jean Chrétien lui-même, premier ministre du Canada prenant les choses en main à la fin de la campagne pour sauver le pays d’une séparation. Johnson céda sa place à Jean Charest à la tête du PLQ un peu plus d’un an plus tard.
Bipartisme vs multipartisme
Il est vrai qu’à la fin des années 1990, le quasi-bipartisme dominait la scène politique québécoise. L’ADQ naissante avait récolté à peine 6,5 % du vote en 1994 et Québec Solidaire n’existait pas encore. Ni le PCQ. L’alternance s’imposait. Un leader pouvait raisonnablement espérer conserver une fonction importante, dans l’opposition, à la suite d’une défaite voire même rêver d’un retour quatre ans plus tard. Ce n’est plus le cas aujourd’hui dans le contexte où cinq partis se font la course.
En bref, un gouvernement de transition n’est pas sans moyens mais ceux-ci sont limités. Limités par le temps disponible, par les querelles internes au parti, par les éléments de conjoncture que l’on ne contrôle pas, par les contraintes budgétaires.
Mme Fréchette peut, théoriquement, laisser une trace si elle gouverne encore quelques mois, bien que l’été arrive. Les députés cesseront de siéger le 12 juin. Cela laisse à peine un mois pour adopter des lois. Et là-dessus, il faut compter le débat sur le discours inaugural que doit prononcer la nouvelle première ministre, le débat sur le budget et l’étude détaillée des crédits des ministères qui occupe pendant deux semaines les commissions parlementaires.
Et puis, les Canadiens de Montréal vont peut-être se rendre en finale de la Coupe Stanley. Et l’hiver va finir par finir. Les Québécois auront peut-être la tête ailleurs. Pour quel parti cette insouciance estivale serait-elle la plus payante ? Votre avis vaut le mien.

Droits réservés Michel Venne

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