Cool Parizeau : un chef en campagne et autres soubresauts

En campagne électorale, en 1994, le chef du Parti québécois, Jacques Parizeau, apprivoise une nouvelle façon de faire de la politique, se mettant à l'écoute des citoyens au lieu de leur imposer ses choix. Il fait montre d'une ouverture surprenante pour un homme jaloux du pouvoir de l'État. Il aura eu la main moins heureuse lorsqu'il parlera des relations inter ethniques : j'ai ajouté en complément les extraits de deux autres textes révélateurs. Ainsi qu'un court papier concernant une situation qui l'avait mis en colère...

Parizeau contre Johnson : deux bourgeois aux antipodes

Quand Daniel Johnson rit, sa bouche s'étire, les commissures de ses lèvres pointent vers ses oreilles. Un ricanement sec sort d'entre les dents. Tout vient de la gorge. Le rire de Jacques Parizeau, au contraire, remonte du ventre et se développe en cascade à la faveur d'un tressaillement de tout le corps. Ses épaules sautillent et ses yeux se mouillent. Il est sonore et libérateur ce rire, a déjà écrit un collègue, « comme une ovation spontanée à soi-même ». Les deux chefs qui aspirent à diriger le Québec après ces élections sont aux antipodes, si l'on considère la manière, le style, l'attitude et, bien sûr, la vision de leur pays et leur conception du rôle de l'État.

Être chef

Quelles sont les qualités recherchées d'un chef politique ? Les chefs politiques sont des héros tragiques. Mais comment réussissent-ils à nous convaincre de les choisir ? La question se pose sérieusement au Québec et au Canada. En ce début d'année 2026, le parti formant le gouvernement et celui formant l'Opposition officielle à l'Assemblée nationale, la Coalition Avenir Québec et le Parti libéral du Québec, sont en pleine démarche de désignation d'un nouveau chef. Le premier ministre libéral du Canada, néophyte de la politique partisane avant son investiture en 2025 gouverne depuis moins d'un an. Son adversaire conservateur vient de sauver sa peau à la tête de son parti. Son leadership était contesté. Deux nouvelles figures dirigent Quebec Solidaire. Et le 10e chef du PQ, inconnu du public il y a à peine cinq ans, est évalué par les sondages comme le prétendant le plus sérieux au poste de premier ministre du Québec aux élections d'octobre. Le texte qui suit est une synthèse de réflexions que j'ai publiées au fil de mes années comme correspondant parlementaire, éditorialiste et chroniqueur au quotidien Le Devoir. Vous trouverez aussi dans mon carnet une section consacrée aux chefs politiques que j'ai eu l'occasion de rencontrer au cours de ma carrière ou dont j'ai commenté la personnalité, de Pierre-Elliott Trudeau à Lucien Bouchard, de Jean Charest à Pauline Marois, Jacques Parizeau, mais aussi Bernard Landry, Daniel Johnson, André Boisclair et Jean Chrétien. Ces textes révèlent chacun une manière de les aborder, ou d'apprécier la façon dont ils ont exercé leur rôle. Le parcours est instructif.

Le duel Charest Bouchard : portrait de deux bêtes politiques

Deux politiciens aguerris et charismatiques se font face. Tous les deux ont dit qu'ils entamaient le plus important combat politique de leur vie. L'un risque sa carrière, le plus jeune, vu comme un sauveur du Canada. L'autre joue sa place dans les livres d'histoire. Ou bien il conduit le Québec vers la souveraineté ou bien, s'il est défait le 30 novembre, il aura été le fossoyeur d'une idée pour au moins une génération.

Bernard Landry – Un choc et un réalignement

Bernard Landry a représenté pendant longtemps ce que ce parti, depuis sa naissance jusqu'aux élections de 2003, a fait de mieux. Sa démission-surprise a provoqué un choc. Celui-ci devrait être salutaire. Il devrait mener le parti fondé par René Lévesque à un réalignement.