Fiasco SAAQclic : Comment se prémunir contre la malhonnêteté et l’incompétence ?

Nous parlions, hier, entre collègues, du rapport Gallant sur le fiasco SAAQclic. Nous nous demandions quelles en seraient les suites. Nous étions sceptiques tant à l'égard de l'efficacité de poursuites, de nouvelles réformes de gouvernance ou de l'ajout de nouveaux mécanismes de surveillance et de contrôle. Et l’un de nous résuma notre conversation par une boutade : « il ne nous reste plus qu’à espérer qu’il existe encore un enfer et un paradis », dit-il. L’enfer, surtout. Pour y laisser brûler, dans l’au-delà, ceux qui ont dilapidé les fonds publics, notre argent, par malhonnêteté ou incompétence. Ou un mélange des deux.

Première ligne : La responsabilité ne peut incomber aux seuls médecins

Le projet de loi 106 comporte des éléments clés d’une première ligne efficace : chaque Québécois sera inscrit à un « milieu de soin » ; dans ces milieux de soins, on devra trouver des équipes multidisciplinaires ; la rémunération des médecins serait modifiée selon une formule mixte comportant entre autres ce qu’on appelle la capitation. Mais le siège de la responsabilité des patients inscrits fait débat. Le gouvernement veut faire porter aux seuls médecins cette responsabilité et le faire en liant leur rémunération à des cibles de volume. Or c’est une erreur de placer ce fardeau sur les seuls médecins. C’est le milieu de soin qui doit porter la responsabilité.

Avons-nous besoin d’un palier régional ?

Ce texte a d’abord paru dans Nousblogue.ca le 27 mai 2015 L’une des caractéristiques du nouveau modèle de gouvernance qui se met en place est l’exclusion de la société civile des instances de décision. Une deuxième dimension des changements en cours est l’abolition du palier régional.

La société civile exclue du modèle québécois

Ce texte a d’abord paru dans Nousblogue.ca le 29 avril 2015 Il faut voir les choses telles qu’elles sont. Le « modèle québécois » de développement et de gouvernance des territoires exclura, pour un bon bout de temps du moins, la société civile des cercles de décision. Cette évolution traduit l’adaptation du « modèle » à une approche néolibérale à laquelle la société québécoise avait résisté dans les années 1980, notamment à cause de nos enjeux identitaires qui entraient en interaction avec les dynamiques économiques pour insuffler un peu de « collectif » dans les approches de développement.  

Éduquer : Éléments pour un Rapport Parent 2.0

Allocution prononcée dans le cadre du 37e colloque de l’Association québécoise de pédagogie collégiale (AQPC), le 8 juin 2017, à Montréal. En 1961, le gouvernement du Québec crée la Commission royale d’enquête sur l’enseignement, présidée par Monseigneur Alphonse-Marie Parent, vice-recteur de l’Université Laval. Le « Rapport Parent », une brique de 1500 pages en cinq volumes publiés entre 1963 et 1966, devint le guide de la réforme de l’éducation menée pendant la Révolution tranquille. On m’a demandé, récemment, de proposer, cinquante ans après sa parution, ce que j’ajouterais à ce rapport s’il était publié de nos jours. Je me suis prêté à l’exercice, me bornant à souligner trois dimensions qui m’apparaissent essentielles.