La laïcité sous de faux prétextes
Un extrait du livre Un aperçu du nouveau monde. Tandis que nous attendons la décision de la Cour suprême du Canada au sujet de la Loi 21 sur la laïcité de l'État, sept ans après son adoption, je vous propose d'évaluer si cette loi qui interdit aux enseignants de porter un signe religieux (ce sont surtout les femmes musulmanes qui sont touchées, soyons clairs), ainsi que les autres qui ont suivi pour étendre cette interdiction à tous les employés des écoles puis aux éducatrices de garderie, ont été adoptées pour les bonnes raisons. Car elles briment l'exercice d'un droit fondamental, la liberté de religion. Toute loi brime des libertés. Aucun droit n'est absolu. Mais j'ai le sentiment, après avoir remonté le fil des événements depuis le début de ce siècle, qu'elles furent adoptées sous de faux prétextes. Le ministre Jolin-Barrette se félicitait en juin d'avoir fait adopter la Loi 21 car elle sépare les Églises et l'État. Or, cette séparation existait déjà. J'ai l'impression que ces trois lois sont le résultat de réactions intempestives, dictées par des récits anecdotiques, des biais anti-religieux, un certain désespoir des nationalistes et des tactiques partisanes.
