Dans l’ombre de Mark Carney et otage de l’aile Drainville. Que peut faire un gouvernement de transition ?

Il n'est pas rare au Québec qu'un premier ministre soit nommé par succession en cours de mandat plutôt qu'après une victoire électorale. C'est arrivé 18 fois depuis 1867. Les gouvernements de transition ont connu des fortunes variables. Depuis 1960, un seul, parmi les six à qui c'est arrivé, a été élu aux élections suivantes. C'est Lucien Bouchard. Mais il avait eu trois ans pour faire ses preuves. Mme Fréchette aura au plus six mois. Et dans le contexte actuel, son mandat se déroulera dans l'ombre de Mark Carney, qui s'impose comme l'homme de la situation. Son premier discours après avoir été assermentée laisse croire aussi que, au nom de l'unité de la CAQ, elle sera l'otage de l'aile Drainville, pourtant le perdant de la chefferie, dont les partisans mettent leur nouvelle cheffe sous surveillance.

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Souvenirs d’une consultation sur les gaz de schiste

J’étais assis sur la scène devant une salle survoltée. C’était à Bécancour, le 15 décembre 2011. Autour de 200 personnes étaient sur place. La rencontre a duré six heures, ce soir-là. La soirée commença par une chanson, dont j’ai malheureusement égaré les paroles, entonnée par la foule, exprimant globalement les raisons de leur opposition. Bécancour était la quatrième et dernière séance d'une consultation menée dans la Vallée du Saint-Laurent. Chaque fois, des manifestants attendaient à l'entrée de la salle. Au micro, la colère était palpable. L'atmosphère était tendue. Des citoyens parlaient de sortir leurs fusils pour accueillir les entreprises désireuses de forer un puits près de chez eux. Il était question de désobéissance civile. Mais ces opposants avançaient des arguments rationnels. Ils s'étaient documentés. Il évoquaient les impacts sur l'eau mais aussi sur l'activité agricole dans les régions concernées, l'écotourisme, la culture, le patrimoine. Alors que d'autres choix énergétiques sont disponibles, est-il bien avisé de rouvrir cette option si violemment répudiée ?

MIS À JOUR – Un débat des chefs n’est pas un récital de mesures administratives

En regardant le débat entre les candidats à la chefferie de la CAQ, samedi matin, je me surpris à bayer aux corneilles. Mon esprit divaguait. Un souvenir m’est venu. Celui d'un épisode de la mythique série télévisée The West Wing, entièrement consacré au débat des chefs qui ponctue la campagne électorale. Les deux hommes vont débattre librement, se répondant l’un à l’autre comme dans une conversation. Puisqu’ils se parlent et s’écoutent, l’on est aussi incités à les écouter plus attentivement. Leurs discours respectifs acquièrent une cohérence. Avec seulement deux candidats, la CAQ aurait pu adopter un format similaire. Peut-être aurions-nous eu droit à l'expression par les adversaires Fréchette et Drainville de leur vision du Québec, de son état, de ses besoins, de ses aspirations. Peut-être aussi aurions-nous pu mieux comprendre leurs motivations personnelles. Pourquoi veulent-ils devenir premier ministre ?

Vivement, des élections au Québec !!!

Le Québec est mûr pour des élections générales ce printemps. Avec un scrutin hâtif, nous pourrions calibrer nos attentes à l’égard d’un prochain référendum, exprimer notre préférence pour un style de leadership, prendre connaissance avec une meilleure clarté des propositions provenant de chefs qui représentent une nouvelle génération d’hommes et de femmes politiques. Ceux-ci et celles-ci seraient obligé-es de se commettre sans faux-fuyant. En même temps que l’on se débarrasserait d’un gouvernement usé. Bref, il s’agit de faire vivre la démocratie. Si elle devient cheffe de la CAQ le 12 avril, Christine Fréchette pourrait être tentée d'exercer le pouvoir tranquillement jusqu'à l'automne. Ce serait une arme à double tranchant. Plus on gouverne, plus on a la chance de faire des mécontents et, dans ce cas-ci, de rappeler à quel point nous en étions venus à détester ce gouvernement. En prenant de court ses adversaires, elle pourrait profiter de la chute du PQ et priver le PLQ de temps pour élargir la percée qui se fait jour chez les francophones. Des candidats caquistes appréciés localement pourraient tirer leur épingle du jeu et sauver les meubles.

Fiasco SAAQclic : Comment se prémunir contre la malhonnêteté et l’incompétence ?

Nous parlions, hier, entre collègues, du rapport Gallant sur le fiasco SAAQclic. Nous nous demandions quelles en seraient les suites. Nous étions sceptiques tant à l'égard de l'efficacité de poursuites, de nouvelles réformes de gouvernance ou de l'ajout de nouveaux mécanismes de surveillance et de contrôle. Et l’un de nous résuma notre conversation par une boutade : « il ne nous reste plus qu’à espérer qu’il existe encore un enfer et un paradis », dit-il. L’enfer, surtout. Pour y laisser brûler, dans l’au-delà, ceux qui ont dilapidé les fonds publics, notre argent, par malhonnêteté ou incompétence. Ou un mélange des deux.